
On se réconcilie pour l'avenir, pour vivre ensemble et construire. Mais sous condition : celle sur le plan historique de connaître les faits, les causes, les conséquences et d'entretenir en permanence une mémoire contre l'oubli.

S. Veil :
Le pardon, ce n'est pas à moi de l'accorder. Les victimes ont disparu dans les chambres à gaz.
J'avais seulement un an lorsqu'en 1959 ma mère, me portant sur son dos,
a fui les premiers massacres de Tutsi......
Puis le vent mauvais s'est calmé - c'est ainsi qu'on nommait les massacres, le vent mauvais Muyaga.....
En 1973, à nouveau le vent a soufflé......
En 1994, lorsque j'ai fui le Rwanda après avoir échappé au génocide, je portais, comme ma mère trente cinq ans plus tôt, ma dernière petite fille sur le dos......Babiche, agée de 6 mois....
Malgré moi, je perpétuais l'histoire des miens.....









